Les déménagements d’équipes sont loin d’être une rareté dans la LNH – TVA Sports

Le rejet par la population de Tempe du plan de développement visant entre autres la construction d’un nouvel aréna pour les Coyotes de l’Arizona a déjà relancé les rumeurs de transfert de cette concession boiteuse de la Ligue nationale de hockey (LNH), qui ne se retrouverait pas en terrain inconnu si l’équipe levait les voiles.

Le référendum tenu mardi dans la municipalité où l’organisation souhaitait emménager a été relativement clair, car environ 56-57 % des gens ayant voté ont dit non aux trois propositions auxquelles ils étaient invités à répondre. Sans surprise, le commissaire de la LNH, Gary Bettman, et le président et chef de la direction des «Yotes», Xavier Gutierrez, ont exprimé leur déception en précisant que diverses options seront examinées.

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Cependant, la plus évidente et logique aux yeux de la plupart des observateurs des milieux sportifs et financiers demeure la relocalisation du club évoluant dans le sud-ouest des États-Unis depuis 1996. Après tout, il a éprouvé maintes difficultés à attirer des partisans à ses matchs locaux et à trouver un domicile permanent assurant sa pérennité. Puis, sa présence au Mullett Arena, une infrastructure dans laquelle 4600 personnes se sont entassées pour assister aux parties des Coyotes en 2022-2023, en a fait sourciller plusieurs.

Les rumeurs de déménagement ne font que commencer, visiblement, et les noms de Québec, Houston, Kansas City, Atlanta et Salt Lake City devraient résonner souvent dans les semaines à venir. Voici d’ailleurs une brève présentation des derniers mouvements d’équipe au sein de la LNH, soit depuis moins d’un demi-siècle.

1976 : Scouts de Kansas City/Rockies du Colorado

Fondée pour la campagne 1974-1975, la concession n’a pas fait long feu à Kansas City, puisque ses pauvres performances ont incité le public à rester à la maison. Les Scouts ont notamment gagné seulement 12 matchs à leur deuxième saison et constatant le faible engouement pour l’équipe, les propriétaires l’ont vendue à un groupe de Denver dirigé par l’homme d’affaires Jack Vickers. Le résultat fut l’arrivée des Rockies du Colorado (à ne pas confondre avec l’actuel club du baseball majeur).

Parmi les joueurs ayant porté l’uniforme des Scouts, notons les Québécois Guy Charron et Simon Nolet, tout comme l’ancien des Nordiques de Québec Wilfrid Paiement.

Crédit photo : Andre Viau / Journal de Montreal

1976 : Golden Seals de la Californie/Barons de Cleveland

Les problèmes d’assistance à des événements sportifs à Oakland ne datent pas d’hier. Les Seals ont effectué leurs débuts dans le circuit en 1967, soit à l’heure de la première grande expansion marquant la fin de l’hégémonie des six formations originales. Cependant, ce fut loin d’être un succès pour cette équipe ayant suscité l’attention avec ses patins blancs. Comme il arrive fréquemment dans les marchés en difficulté, les gradins étaient passablement dégarnis, de sorte que les propriétaires George et Gordon Gund ont procédé au transfert vers Cleveland, leur ville de résidence, en 1976.

Sauf que l’aventure en Ohio ne s’est guère mieux déroulée, car deux ans plus tard, le club a fusionné avec celui des North Stars du Minnesota et a poursuivi ses activités au Met Center de Bloomington jusqu’en 1992.

1980 : Flames d’Atlanta/Flames de Calgary

La plus grande ville de l’État de la Géorgie a déjà eu droit à deux opportunités dans la LNH. De 1972 à 1980, elle a accueilli les Flames au Omni Coliseum avant que ceux-ci ne prennent le chemin de Calgary. L’absence de suites de luxe à l’intérieur de l’édifice a nui à la rentabilité de la formation qui se trouvait désavantagée par rapport à ses concurrentes. Également, le peu de visibilité de l’équipe l’a empêchée de signer un contrat de télévision satisfaisant.

À Atlanta, les Flames n’ont jamais dépassé les quarts de finale. Jean Pronovost et Pat Quinn ont agi comme capitaines, tandis que Guy Chouinard a inscrit 126 buts sous leurs couleurs avant le transfert.

Crédit photo : Normand Pichette / Journal de Montreal

1982 : Rockies du Colorado/Devils du New Jersey

La présence temporaire de Don Cherry derrière le banc des Rockies en 1979-1980 n’a pas suffi pour les garder à Denver. En 1982, l’homme d’affaires John McMullen les a attirés dans son État du New Jersey; ainsi sont nés les Devils. Celui ayant aussi été à la tête des Astros de Houston au baseball majeur est parvenu à ses fins malgré le désir de la ligue de voir le Colorado constituer un marché fiable.

Sur la patinoire, les Rockies ont éprouvé leur part d’ennuis : aucun titre de section et cinq exclusions des séries en six ans. Disputant 80 matchs annuellement, ils n’ont jamais dépassé le cap des 22 victoires.

1993 : North Stars du Minnesota/Stars de Dallas

Malgré Mike Modano dans leurs rangs, les North Stars peinaient à attirer des partisans au Met Center; les nombreux bancs vides de couleur blanche, jaune ou verte étaient d’ailleurs bien visibles à la télévision. Le propriétaire Norm Green, qui voulait initialement envoyer la formation à Anaheim, a obtenu l’autorisation de transférer la concession vers le lieu de son choix et Dallas a été l’heureuse élue.

Au Texas, les Stars ont récolté davantage de succès, remportant la coupe Stanley en 1999. Pour sa part, Modano est demeuré un membre de l’équipe jusqu’en 2010.

Crédit photo : Craig Robertson, Toronto Sun

1995 : Nordiques de Québec/Avalanche du Colorado

Les amateurs du fleurdelisé s’en rappellent trop bien : le président des Nordiques, Marcel Aubut, a annoncé le déménagement du club le 24 mai 1995, celui-ci étant vendu au groupe Comsat. Peu après l’élimination de la troupe dirigée par Marc Crawford au premier tour, le groupe de propriétaires a entériné la transaction. Pour justifier le tout, Aubut a surtout évoqué le règlement peu avantageux du conflit de travail entre la LNH et l’Association des joueurs quelques mois auparavant, ainsi que l’impossibilité d’une entente avec le gouvernement provincial pour la construction d’un nouveau Colisée.

La suite a été encore plus douloureuse. Mené par Patrick Roy, acquis du Canadien de Montréal le 6 décembre 1995, l’Avalanche a remporté la coupe Stanley à sa première année au Colorado.

Crédit photo : ARCHIVES/JOURNAL DE QUÉBEC/AGENCE QMI

1996 : Jets de Winnipeg/Coyotes de Phoenix

Pour une deuxième année consécutive en 1996, une ville canadienne a perdu son équipe de la LNH, la faiblesse du huard vis-à-vis le dollar américain n’aidant pas. Faute d’un aréna moderne et d’un investisseur local prêt à prendre les rênes à Winnipeg, l’homme d’affaires Barry Shenkarow a préféré se tourner vers un duo qui souhaitait ramener la LNH au Minnesota. Cependant, les plans des acheteurs ont été vains et ils ont aussitôt refilé les Jets à Jerry Colangelo, le grand patron des Suns de Phoenix.

Ainsi, les Coyotes sont débarqués au America West Arena, un lieu davantage adapté au basketball de la NBA. Depuis, ils continuent de traverser vents et marées, leur séjour actuel en Arizona ayant été marqué par une séparation houleuse avec la Ville de Glendale et une faillite en 2009.

Crédit photo : Photo d’archives, Leopold Rousseau

1997 : Whalers de Hartford/Hurricanes de la Caroline

Beaucoup d’amateurs se souviennent du vétuste Civic Center de Hartford où la chanson «Brass Bonanza» jouait après les buts des Whalers. Toutefois, les gens réunis dans la bâtisse le jour du dernier match local du club en avril 1997 avaient déchanté, sachant qu’ils devaient lui dire adieu. Peter Karmanos a effectivement décidé d’aller de l’avant avec le transfert vers la Caroline du Nord en constatant le faible soutien corporatif à l’égard de la concession. Sans nouvel aréna, il a choisi de la garder sous son égide, mais de l’envoyer à Greensboro, en attendant la fin de la construction d’un domicile à Raleigh.

Les Hurricanes ont participé à deux finales de la Coupe Stanley depuis leur arrivée, s’inclinant en 2002 et triomphant quatre ans plus tard.

Crédit photo : pj/Photo by Peter Jones REUTERS

2011 : Thrashers d’Atlanta/Jets de Winnipeg

Il s’agit du dernier déménagement recensé dans la LNH. Après des saisons difficiles sur la glace du Phillips Arena et dans les estrades, les Thrashers ont quitté vers Winnipeg, qui a retrouvé la LNH après une pause de 15 ans au désarroi peu dissimulé de Bettman. Des pertes supérieures à 130 millions $US en six ans ont convaincu le propriétaire majoritaire Michael Gearon de confier l’équipe à True North Sports & Entertainment.

À Atlanta, la formation a accédé une seule fois aux éliminatoires et a été balayée au premier tour; Bob Hartley était l’entraîneur-chef.

Crédit photo : REUTERS/Tami Chappell (UNITED STATES)